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Aurélia
L'œuvre
« Le rêve est une seconde vie. » Après avoir perdu Aurélia — la femme aimée, morte loin de lui —, le narrateur voit le monde des songes déborder dans le monde réel : figures qui se dédoublent, présages, correspondances secrètes entre les êtres et les astres.
Interné, il traverse ses visions en explorateur lucide, cherchant dans la folie même un chemin de rédemption : retrouver Aurélia au-delà de la mort, se réconcilier avec elle et avec Dieu. Récit d'une descente aux enfers qui se veut aussi une remontée, Aurélia transforme l'expérience de la démence en voyage initiatique d'une beauté inentamée.
Contexte
Nerval rédigea Aurélia entre deux internements dans la clinique du docteur Blanche ; la seconde partie parut quelques semaines après qu'on l'eut trouvé pendu rue de la Vieille-Lanterne, en janvier 1855.
Document unique sur la folie vécue et racontée de l'intérieur, le récit a fasciné les surréalistes — Breton y voyait un livre fondateur — puis la psychiatrie elle-même. Nulle part la frontière du rêve et de la raison n'a été franchie avec une telle grâce d'écriture.