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Germinal
L'œuvre
Étienne Lantier, mécanicien sans travail, descend une nuit de mars vers les feux du Voreux, la fosse qui « engloutit les hommes par bouchées de vingt et de trente ». Embauché au fond, logé chez les Maheu — sept enfants, quatre salaires, jamais assez de pain —, il découvre un peuple entier broyé par la mine.
Quand la Compagnie baisse encore les salaires, Étienne souffle sur la colère : la grève éclate, immense, désespérée. Faim, émeutes, soldats ; la haine du ventre vide contre l'argent lointain des actionnaires. Et sous la terre, l'eau qui monte dans les galeries sabotées prépare l'un des dénouements les plus saisissants du roman français.
Contexte
Treizième volume des Rougon-Macquart, publié en 1885, Germinal est né d'une enquête de terrain : Zola est descendu dans les fosses du Nord, carnet en main, pendant la grève d'Anzin. Le titre — un mois du calendrier révolutionnaire, celui des germinations — dit tout du projet : la graine des révoltes futures.
C'est LE roman du monde ouvrier, celui qui a donné à la classe des mineurs une épopée. À la mort de Zola, les délégations de mineurs suivaient son cercueil en scandant « Germinal ! Germinal ! » — peu de livres peuvent revendiquer pareille postérité.