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La Chanson de Roland
L'œuvre
Charlemagne guerroie en Espagne depuis sept ans. Trahison de Ganelon : l'arrière-garde de l'armée, confiée à Roland, est attirée dans le piège du col de Roncevaux, face à cent mille Sarrasins. Olivier, le sage, supplie Roland de sonner l'olifant pour rappeler l'empereur ; Roland, le preux, refuse — l'honneur d'abord.
La bataille est un massacre grandiose : Durandal l'épée fend les rochers, l'archevêque Turpin bénit en frappant, les douze pairs tombent un à un. Quand Roland sonne enfin, ses tempes éclatent. Sa mort face à l'Espagne, gantelet tendu vers le ciel, est la scène fondatrice de toute la littérature française.
Contexte
Composée vers 1100 — le manuscrit d'Oxford est la plus ancienne version —, la Chanson transfigure un fait réel minuscule : une embuscade basque de 778. Trois siècles de légende en ont fait la croisade avant l'heure.
Premier chef-d'œuvre de la langue, la chanson de geste inaugure nos mythes nationaux : la démesure du héros, la fidélité au suzerain, « la douce France ». On la chantait, dit-on, à Hastings en 1066 pour mener les Normands au combat.