
Premium
La Faute de l'abbé Mouret
L'œuvre
Serge Mouret, prêtre de vingt-cinq ans, dessert Les Artaud, village aride où la vie pousse dru et sans Dieu. Mystique épuisé d'adoration, il s'effondre : la fièvre l'emporte, et on le confie, amnésique, au Paradou — un immense parc abandonné où vit Albine, seize ans, sauvage et rieuse.
Dans ce jardin sans maître qui est un Éden retrouvé, deux enfants réapprennent le monde : arbres, sources, fleurs par océans, et l'amour comme une loi naturelle. Mais la mémoire revient, et avec elle la soutane, le frère Archangias et le mur du parc. Zola récrit la Genèse en poème panthéiste — chute comprise.
Contexte
Publié en 1875, cinquième Rougon-Macquart, le roman pousse la question héréditaire chez les Mouret : Serge est le frère de François (La Conquête de Plassans) et l'oncle du docteur Pascal. Le célibat des prêtres y est mis en procès par la nature elle-même.
Le Paradou, débauche descriptive nourrie de catalogues de botanique, est l'un des sommets « symphoniques » de Zola — Huysmans le pasticha, Maupassant l'admira. Anticléricale et lyrique à la fois, l'œuvre inspira un opéra et scandalisa précisément qui elle visait.