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La Princesse de Clèves
L'œuvre
À la cour d'Henri II, où « l'ambition et la galanterie » sont l'âme de toutes les intrigues, Mlle de Chartres, seize ans, épouse sans amour le prince de Clèves. Puis elle rencontre le duc de Nemours au bal — et le coup de foudre est réciproque, immédiat, impossible.
Toute l'action tient dans ce triangle et dans un aveu inouï : la princesse confesse à son mari qu'elle en aime un autre, sans le nommer. Jalousie mortelle du mari, espionnage de Nemours, lettre perdue, scène de la canne des Indes épiée la nuit... jusqu'au renoncement final, l'un des plus discutés de la littérature : peut-on refuser le bonheur pour rester fidèle à soi-même ?
Contexte
Publié anonymement en 1678, c'est le premier grand roman d'analyse — le premier à regarder l'amour du dedans plutôt qu'à raconter des aventures. Mme de La Fayette, amie de La Rochefoucauld, y met toute la lucidité désenchantée du Grand Siècle.
L'aveu de la princesse déclencha la première grande querelle littéraire de presse française : fallait-il avouer ? Trois siècles plus tard, le débat continue — et le roman, matrice de toute la littérature psychologique française, de Constant à Proust, n'a rien perdu de son mystère.