La Vénus d'Ille

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La Vénus d'Ille

Prosper Mérimée

54 mind'écoute · Voix française

L'œuvre

À Ille, en Roussillon, M. de Peyrehorade a déterré une Vénus de bronze d'une beauté inquiétante — « Prends garde à toi si elle t'aime », traduit-on de l'inscription latine. Le narrateur, antiquaire parisien, admire ; les paysans, eux, se signent : la statue a déjà cassé la jambe d'un ouvrier.

Le fils Peyrehorade se marie ; par jeu, avant une partie de paume, il passe sa bague de fiançailles au doigt de la Vénus. Au matin des noces, on le retrouve mort dans la chambre nuptiale, le corps comme broyé par un étau — et la mariée, folle, parle d'une visiteuse de bronze. Accident ? La nouvelle ne tranche jamais, et c'est ce qui glace.

Contexte

Publiée en 1837, la nouvelle est née d'une inspection archéologique réelle en Roussillon. Mérimée la tenait pour « son chef-d'œuvre » — le fantastique y est administré à dose homéopathique, chaque fait gardant son explication rationnelle possible.

Modèle du fantastique « attesté » (un narrateur sceptique, des faits, pas de preuve), le récit a fait école jusqu'à James et Lovecraft. La statue qui punit la légèreté des hommes vient du fonds médiéval — Mérimée l'a rendue éternelle.