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Les Faux-monnayeurs
L'œuvre
Bernard découvre qu'il est bâtard et quitte sa famille ; Olivier cherche qui aimer entre un oncle écrivain et un cynique directeur de revue ; le romancier Édouard tient le journal du roman qu'il n'arrive pas à écrire — et qui s'appellerait Les Faux-monnayeurs. Autour d'eux circulent de vraies fausses pièces, écoulées par des lycéens.
Adolescents à la dérive, adultes qui trichent, littérature qui se regarde écrire : Gide entrelace une douzaine de destins jusqu'au drame final, glaçant, dans la cour d'un collège. Le roman s'achève sur la phrase la plus ouverte de la littérature : « Je suis bien curieux de connaître Caloub. »
Contexte
Publié en 1925, dédié à Roger Martin du Gard, c'est le seul livre que Gide accepta d'appeler « roman » — et il le voulut somme : le roman du roman, avec son Journal des faux-monnayeurs publié à part, faisant les plans sous les yeux du lecteur.
La mise en abyme (Édouard écrivant le livre qu'on lit) a ouvert la voie au roman moderne, du Nouveau Roman à Perec. Fausse monnaie, fausses valeurs, faux-semblants familiaux : le titre est un programme moral autant que littéraire.