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Poil de Carotte
L'œuvre
Dans la famille Lepic, le cadet n'a pas de prénom — on dit « Poil de Carotte », à cause des cheveux roux. Corvées réservées, mensonges maternels, humiliations en pantoufles : Mme Lepic a fait de son dernier fils le souffre-douleur ordinaire de la maison, sous l'œil absent d'un père muré.
En scènes brèves — fermer les poules la nuit, la taupe, le pain rouge, la révolte finale « J'aime maman... » —, Renard raconte l'enfance mal aimée sans une once de pathos : à coups d'ironie sèche, du point de vue d'un enfant qui ruse pour survivre et qui mord parfois. Drôle, et d'autant plus terrible.
Contexte
Publié en 1894, nourri de l'enfance nivernaise de l'auteur et de sa propre mère — le Journal de Renard en atteste —, le livre a mis un nom définitif sur la maltraitance ordinaire.
L'écriture blanche de Renard (« le style, c'est l'oubli de tous les styles ») annonce tout le XXe siècle. Poil de Carotte est passé dans la langue ; la pièce tirée du livre, puis les films de Duvivier, ont ancré le personnage au patrimoine.