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Résumé complet

L'Odyssée (Homer) : résumé complet

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« L'Odyssée » est la grande épopée attribuée à Homère, présentée ici dans une traduction française en prose. Elle raconte le retour d'Ulysse (Odysseus) vers son île d'Ithaque, dix ans après la fin de la guerre de Troie, à travers mille périls, monstres et tempêtes. Œuvre fondatrice de la littérature occidentale, elle mêle le récit d'aventures, le merveilleux et la peinture émouvante de la fidélité et du désir du foyer.

Ithaque livrée aux prétendants

Dix ans après la chute de Troie, Ulysse n'est toujours pas rentré : retenu par la nymphe Calypso sur son île lointaine, il est le dernier des héros grecs à n'avoir pas retrouvé sa patrie. À Ithaque, on le croit mort. Une foule de prétendants arrogants a envahi son palais, courtise sa fidèle épouse Pénélope et dévore ses biens en festins interminables.

Pénélope, pour repousser ce mariage odieux, a longtemps usé d'un stratagème célèbre : elle tissait le jour un linceul destiné au vieux Laërte, père d'Ulysse, en promettant de choisir un époux quand il serait achevé — mais elle défaisait la nuit l'ouvrage du jour. Trahie par une servante après trois ans, elle est désormais pressée de céder. Son fils Télémaque, encore jeune et sans pouvoir, assiste, impuissant et furieux, au pillage de sa maison.

L'éveil de Télémaque

Les dieux, réunis sur l'Olympe, décident d'agir. La déesse Minerve (Athéna), protectrice d'Ulysse, descend à Ithaque sous les traits d'un hôte étranger et pousse Télémaque à sortir de son abattement : qu'il tienne tête aux prétendants et parte à la recherche de son père.

Télémaque convoque l'assemblée du peuple pour dénoncer l'insolence des prétendants — mais nul n'ose les affronter. Guidé par la déesse, il s'embarque alors secrètement. Il se rend d'abord à Pylos, auprès du vieux et sage Nestor, puis à Sparte, chez Ménélas et la belle Hélène, revenus de Troie. Là, il apprend une nouvelle décisive : son père est vivant, retenu prisonnier par Calypso. Pendant ce temps, les prétendants, inquiets de ce départ, préparent une embuscade pour tuer le jeune homme à son retour.

Calypso et le naufrage

Sur l'Olympe, Zeus ordonne enfin la libération d'Ulysse. Mercure (Hermès) porte le message à Calypso, qui retenait le héros depuis sept ans en lui offrant l'immortalité et une jeunesse éternelle. Mais Ulysse, malgré ces séductions, ne rêve que de revoir Ithaque, son épouse et sa terre : il passe ses jours à pleurer sur le rivage, tourné vers la mer.

La nymphe se résigne. Ulysse construit un radeau et prend le large. Mais Neptune (Poséidon), qui le poursuit d'une haine tenace, l'aperçoit et déchaîne une tempête qui brise l'embarcation. Le héros, ballotté par les flots durant des jours, secouru par une divinité marine et soutenu par Minerve, parvient enfin, épuisé et nu, à s'échouer sur un rivage inconnu.

Les Phéaciens et le récit commencé

Cette terre est celle des Phéaciens, peuple heureux et hospitalier. La jeune princesse Nausicaa, venue laver le linge au bord de l'eau, découvre le naufragé et le conduit au palais de son père, le roi Alcinoüs, et de la reine Arété, qui l'accueillent avec magnificence sans connaître son nom.

Lors d'un festin donné en son honneur, l'aède aveugle Démodocos chante les exploits et les malheurs de la guerre de Troie. En entendant évoquer ses propres souffrances, Ulysse, bouleversé, ne peut retenir ses larmes. Pressé par Alcinoüs de dire qui il est, il révèle enfin son identité et entreprend le long récit de ses aventures depuis son départ de Troie — récit qui occupe le cœur du poème.

Les Lotophages et le Cyclope

Ulysse raconte : après Troie, ses vaisseaux pillent d'abord le pays des Cicones, puis abordent la terre des Lotophages, où la fleur du lotus fait oublier à ceux qui la goûtent jusqu'au désir du retour — il faut arracher de force ses compagnons à cet oubli.

Vient ensuite l'épisode le plus fameux : celui du Cyclope Polyphème. Ulysse et quelques hommes s'aventurent dans l'antre du géant à l'œil unique, qui les emprisonne et dévore plusieurs d'entre eux. Le héros use alors de sa ruse : il enivre le monstre, lui dit se nommer « Personne », puis lui crève l'œil avec un pieu durci au feu. Quand Polyphème, aveuglé, hurle que « Personne » l'attaque, ses voisins ne lui portent pas secours. Ulysse et ses compagnons s'échappent, accrochés sous le ventre des béliers. Mais, par orgueil, Ulysse révèle son vrai nom au Cyclope en fuyant — s'attirant ainsi la haine durable de Neptune, père de Polyphème, qui poursuivra désormais sa vengeance.

Éole, les Lestrygons et Circé

Les épreuves se multiplient. Le roi des vents, Éole, offre à Ulysse une outre enfermant les vents contraires, pour lui assurer un retour paisible ; mais ses compagnons, croyant qu'elle contient un trésor, l'ouvrent en vue d'Ithaque, et la tempête ainsi libérée les rejette au loin. Chez les Lestrygons, géants cannibales, presque toute la flotte est anéantie ; il ne reste qu'un seul vaisseau.

Sur l'île d'Aiaié règne la magicienne Circé, qui change en pourceaux les compagnons d'Ulysse. Protégé par une herbe que lui donne Mercure, le héros résiste à ses sortilèges, la contraint à rendre forme humaine à ses hommes, et demeure une année entière auprès d'elle. C'est Circé qui lui indique le chemin du retour — mais ce chemin passe d'abord par le royaume des morts.

La descente aux Enfers

Sur les conseils de Circé, Ulysse accomplit une catabase : il navigue jusqu'aux confins du monde pour consulter, au bord des Enfers, l'ombre du devin Tirésias. Celui-ci lui prédit les épreuves à venir, l'avertit de ne pas toucher aux troupeaux du Soleil, et lui annonce les conditions de son retour.

Autour de lui accourent les ombres des morts. Ulysse y rencontre celle de sa propre mère, morte de chagrin en son absence, qu'il tente en vain d'étreindre. Il voit défiler les figures des héros de la guerre de Troie : Agamemnon, assassiné à son retour ; Achille, qui déclare préférer la condition du plus humble vivant à la royauté sur les morts ; Ajax, qui lui garde rancune jusque dans la mort. Cette rencontre avec les défunts donne à l'épopée sa profondeur grave, méditation sur la mort et sur la gloire.

Les Sirènes, Scylla et les bœufs du Soleil

Le retour se poursuit à travers de nouveaux dangers. Ulysse affronte d'abord le chant des Sirènes, dont la voix ensorcelante attire les marins vers la mort : il fait boucher de cire les oreilles de ses compagnons et se fait attacher au mât pour écouter sans périr. Puis il doit passer entre deux monstres, Scylla aux six gueules et Charybde qui engloutit la mer ; Scylla dévore six de ses hommes.

Épuisés, les compagnons abordent enfin l'île du Soleil. Malgré l'interdit solennel, affamés et retenus par les vents, ils égorgent les troupeaux sacrés d'Hélios pendant le sommeil d'Ulysse. Le châtiment est immédiat : dès qu'ils reprennent la mer, Zeus foudroie le navire. Tous périssent ; seul Ulysse survit, accroché à une épave, et dérive jusqu'à l'île de Calypso — bouclant ainsi le récit qu'il fait aux Phéaciens.

Le retour à Ithaque

Émerveillés par ce récit, les Phéaciens comblent Ulysse de présents et le reconduisent, endormi, sur un vaisseau rapide, jusqu'aux rivages d'Ithaque, où ils le déposent avec ses trésors. Neptune, furieux de cette aide, pétrifie leur navire au retour, à la vue de leur cité.

À son réveil, Ulysse ne reconnaît pas sa patrie, qu'un nuage envoyé par Minerve dérobe à ses yeux. La déesse lui apparaît, l'informe de la situation dramatique de son palais et le déguise en vieux mendiant afin qu'il puisse châtier les prétendants sans être reconnu. Ulysse se rend d'abord chez le fidèle porcher Eumée, qui l'accueille avec bonté sans le reconnaître. Télémaque, échappant à l'embuscade grâce à Minerve, y arrive à son tour : dans une scène émouvante, le père et le fils se reconnaissent et concertent ensemble la perte des prétendants.

Le mendiant dans son palais

Sous ses haillons, Ulysse pénètre dans son propre palais et y endure les insultes et les mauvais traitements des prétendants, qui raillent le vieux vagabond et lui jettent parfois des objets. Le héros supporte tout, observant les uns et les autres, mesurant l'insolence des prétendants et éprouvant la fidélité des serviteurs.

Quelques signes émouvants trahissent sa véritable nature. Son vieux chien Argos, couché sur un fumier, le reconnaît après vingt ans, remue la queue et meurt aussitôt de joie. Sa vieille nourrice Euryclée, en lui lavant les pieds, découvre la cicatrice d'une blessure de sanglier et manque de le démasquer ; il la contraint au silence. Pénélope elle-même, sans savoir que son époux est là, s'entretient avec le mendiant et, lasse de résister, se résout à un dernier stratagème pour trancher entre ses prétendants.

L'arc et le massacre

Pénélope propose une épreuve décisive : elle épousera celui des prétendants qui saura tendre le grand arc d'Ulysse et faire passer une flèche à travers l'alignement de douze haches. Aucun d'eux, malgré ses efforts, ne parvient même à bander l'arc, trop rude pour leurs mains.

Alors le vieux mendiant demande à essayer, sous les moqueries. À la stupeur générale, il tend l'arc sans effort et réussit le tir impossible. Aussitôt, Ulysse rejette ses haillons, saute sur le seuil et tourne l'arc contre les prétendants. Avec l'aide de Télémaque, du porcher Eumée et du bouvier fidèles, il les massacre tous dans la grande salle, punissant impitoyablement leur démesure, leurs outrages et le pillage de sa maison.

Pénélope et la fidélité

Face à Ulysse l'errant, Pénélope incarne l'autre versant de l'épopée : la constance qui attend et qui donne son sens au retour. Depuis vingt ans, elle tient tête aux prétendants par la seule force de sa ruse et de sa patience — le stratagème du linceul tissé le jour et défait la nuit en est l'emblème. Sa fidélité n'est pas passivité, mais résistance active et intelligente.

Lors des retrouvailles, Pénélope se révèle digne de son époux « aux mille tours » : loin de se jeter naïvement dans ses bras, elle le soumet à l'épreuve du lit nuptial, piège subtil que seul le vrai Ulysse peut déjouer. Elle rivalise ainsi de prudence et d'astuce avec lui : le couple qu'ils forment est celui de deux esprits accordés, image d'une entente parfaite entre l'homme et la femme.

À travers elle, le poème célèbre non seulement le retour du héros, mais la fidélité qui le rend possible et qui lui donne un prix. Sans une Pénélope constante, sans un fils digne de son père, sans une Ithaque qui mérite qu'on lui revienne, le long voyage d'Ulysse n'aurait plus d'objet : c'est le foyer préservé qui justifie toutes les épreuves traversées.

Reconnaissance et paix

Le carnage accompli, Euryclée court annoncer à Pénélope que le mendiant était Ulysse. Mais la reine, devenue prudente et méfiante après vingt années d'attente et de ruses, refuse d'y croire d'emblée. Elle met son époux à l'épreuve en évoquant leur lit nuptial comme s'il pouvait être déplacé : Ulysse en révèle alors le secret — il l'a lui-même taillé dans un olivier vivant, enraciné dans le sol, immobile —, preuve que nul autre ne pouvait connaître. La reconnaissance est enfin totale, et les époux, longtemps séparés, se retrouvent dans les larmes.

Ulysse va ensuite revoir son vieux père Laërte, retiré à la campagne, rongé de chagrin, et se fait reconnaître de lui par la cicatrice et par le souvenir des arbres du verger qu'il lui donna enfant. Mais les parents des prétendants tués se soulèvent pour venger leurs morts ; un dernier combat s'engage, où le vieux Laërte lui-même, ranimé par Minerve, abat le père d'Antinoos. La déesse intervient alors : elle fait cesser le combat, impose la paix entre les deux camps et scelle la réconciliation. Ulysse peut régner de nouveau, en paix, sur Ithaque enfin retrouvée.

Contexte : l’auteur, l’époque, la place de l’œuvre

« L'Odyssée » est, avec « L'Iliade », l'une des deux grandes épopées attribuées à Homère, poète grec dont l'existence même reste enveloppée de légende ; leur composition est traditionnellement située vers le VIIIe siècle avant notre ère, au terme d'une longue tradition orale. Le poème, en vingt-quatre chants, chante le « nostos » — le retour — d'Ulysse, et développe une construction savante : il s'ouvre sur les aventures de Télémaque, remonte le temps par le récit qu'Ulysse fait aux Phéaciens, avant de converger vers la vengeance finale. Fondatrice de la littérature occidentale, l'Odyssée a nourri d'innombrables réécritures, du théâtre antique jusqu'à l'« Ulysse » de James Joyce. La présente édition en propose une traduction française en prose, qui emploie, selon un usage ancien, les noms latins des divinités (Minerve, Neptune, Mercure).

Les thèmes principaux

Le retour et le désir du foyer (le nostos)

Tout le poème est tendu vers le retour : Ulysse refuse l'immortalité que lui offre Calypso pour retrouver Ithaque, Pénélope et son fils. L'Odyssée fait du foyer, de la patrie et de la fidélité conjugale des valeurs suprêmes, plus fortes que toutes les séductions et que la promesse même de ne jamais mourir.

La ruse et l'intelligence

Ulysse, « aux mille tours », triomphe moins par la force que par l'astuce : le stratagème de « Personne » chez le Cyclope, le déguisement en mendiant, la prudence dans les reconnaissances. L'épopée célèbre l'intelligence pratique, la maîtrise de soi et la parole habile, jusqu'à faire de la ruse la vertu héroïque par excellence, bien différente de la seule vaillance guerrière que célébrait l'Iliade.

L'hospitalité et la démesure

L'accueil de l'étranger — l'hospitalité, valeur sacrée protégée par Zeus — structure tout le récit : les Phéaciens généreux et le porcher Eumée s'opposent aux prétendants qui violent les lois de l'hospitalité en dévorant le bien d'autrui. Leur démesure (l'hubris) appelle un châtiment inéluctable, exécuté par l'arc d'Ulysse.

Les dieux, le destin et la mort

Le retour d'Ulysse se joue entre la haine de Neptune et la protection constante de Minerve. Le poème met en scène l'action des dieux dans les affaires humaines, sans effacer la responsabilité des hommes, et médite, notamment lors de la descente aux Enfers, sur la mort, la gloire et la condition mortelle.

Pourquoi le lire aujourd’hui

Lire « L'Odyssée », c'est remonter à la source d'une immense part de notre imaginaire : le Cyclope, les Sirènes, Circé, Charybde et Scylla, le retour du héros méconnaissable. Récit d'aventures palpitant autant que méditation sur la fidélité, la ruse et le retour, l'épopée se lit avec un plaisir intact, et cette traduction en prose la rend accessible à tous, sans l'obstacle du vers. C'est l'un de ces textes fondateurs que l'on peut découvrir à tout âge, et relire toute une vie en y trouvant chaque fois de nouvelles résonances. Sous l'aventure se cache une profonde sagesse : l'éloge de l'intelligence et de la patience, l'attachement au foyer et aux siens, la conscience de la fragilité humaine face aux dieux et à la mer — autant de leçons que vingt-huit siècles n'ont pas usées, et qui font de l'Odyssée un compagnon de route universel, dont le nom même est, aujourd'hui encore, devenu synonyme de tout long voyage semé d'épreuves et de merveilles.

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